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Chute chez l’enfant : que faire (et surtout que ne pas faire) pour réagir sereinement

Ecrit par 19 janvier 2026Enfant

Les chutes font partie des accidents les plus fréquents chez les enfants.

Elles arrivent vite, parfois sous nos yeux, parfois en quelques secondes d’inattention.


Et pour les parents, une chute peut déclencher immédiatement une vague d’émotions : peur, culpabilité, panique… voire colère.

👉 La bonne nouvelle, c’est que la majorité des chutes chez l’enfant sont sans gravité.
👉 Le vrai enjeu, ce n’est pas d’empêcher toute chute, mais de savoir comment réagir, quand s’inquiéter, et comment accompagner son enfant avec calme et justesse.


Pourquoi les enfants tombent-ils autant ?

Tomber fait partie du développement normal de l’enfant.
Chaque étape de son développement moteur implique des essais… et des déséquilibres.

  • Le bébé roule, se retourne, glisse

  • Le tout-petit se lève, trébuche, tombe souvent

  • L’enfant court, grimpe, saute, teste ses limites

  • L’enfant plus grand prend confiance… parfois trop

👉 Tomber, c’est apprendre : connaître son corps, l’espace, le risque, l’équilibre.

Vouloir supprimer toute chute reviendrait à empêcher l’enfant de développer :

  • sa motricité,

  • sa confiance en lui,

  • sa capacité à évaluer le danger.


Première règle après une chute : s’arrêter et observer

Avant de relever l’enfant ou de le toucher, prends quelques secondes pour observer.

Pose-toi ces questions simples :

  • Est-il conscient ?

  • Pleure-t-il immédiatement ?

  • Se relève-t-il seul ?

  • Te regarde-t-il ?

  • Son comportement est-il habituel ?

👉 Un enfant qui pleure tout de suite est souvent rassurant : cela signifie qu’il est conscient et réactif.

⚠️ À l’inverse, un enfant silencieux, amorphe ou “absent” doit attirer ton attention.


Examiner l’enfant calmement : les points essentiels à vérifier

🧠 La tête

La tête est une zone sensible, surtout chez le jeune enfant.

Observe :

  • Y a-t-il eu un choc direct ?

  • Une bosse apparaît-elle ?

  • L’enfant se plaint-il de maux de tête ?

  • Son comportement change-t-il (somnolence, agitation inhabituelle, vomissements) ?

👉 Toute chute avec choc à la tête nécessite une surveillance attentive dans les heures qui suivent.


🦴 Les membres

Demande à l’enfant (ou observe) :

  • S’il bouge bras et jambes normalement

  • S’il refuse d’utiliser un membre

  • S’il se plaint d’une douleur précise

⚠️ Une douleur localisée, persistante, ou une déformation visible nécessite un avis médical.


🩹 La peau

Vérifie :

  • Plaies, écorchures, coupures

  • Saignement abondant ou non

  • Hématome qui apparaît rapidement

👉 Une petite plaie peut impressionner mais reste souvent bénigne.


Chute chez l’enfant : quand faut-il consulter ?

🚑 Consultation ou urgence si :

  • perte de connaissance (même brève),

  • vomissements après la chute,

  • maux de tête intenses,

  • comportement inhabituel,

  • troubles de l’équilibre,

  • convulsions,

  • impossibilité de marcher ou d’utiliser un membre,

  • chute d’une hauteur importante,

  • chute dans les escaliers,

  • doute parental persistant.

👉 Le doute suffit à consulter.
Mieux vaut une consultation rassurante qu’un regret.


Les gestes simples à faire après une chute bénigne

✔️ Rassurer avant tout
La voix du parent est le premier “soin”. Mets-toi à hauteur d’enfant, parle doucement.

✔️ Installer au calme
Assis ou allongé, dans un endroit tranquille.

✔️ Appliquer du froid
Sur une bosse ou un hématome, avec une protection (linge).

✔️ Surveiller dans le temps
Les heures suivantes sont importantes, surtout après un choc à la tête.

✔️ Mettre des mots
“Tu es tombé, tu t’es fait peur, ton corps a eu un choc, on va vérifier ensemble.”


❌ Ce qu’il vaut mieux éviter après une chute

  • ❌ Minimiser (“ce n’est rien”)

  • ❌ Dramatiser ou paniquer

  • ❌ Forcer l’enfant à se relever

  • ❌ Secouer ou manipuler brutalement

  • ❌ Donner un médicament sans avis médical

  • ❌ Montrer sa colère ou sa peur devant l’enfant

👉 L’enfant se régule émotionnellement à travers l’adulte.


Adapter sa réaction selon l’âge de l’enfant

👶 Bébé (0–1 an)

  • Chutes fréquentes : canapé, lit, table à langer

  • Surveillance accrue de la tête

  • Consultation recommandée au moindre doute

👉 Chez le nourrisson, on ne banalise jamais un choc à la tête.


🚼 Tout-petit (1–3 ans)

  • Chutes liées à l’apprentissage de la marche

  • Beaucoup de bosses, peu de gravité

  • Importance du calme parental

👉 Trop de réactions anxieuses peuvent rendre l’enfant plus craintif.


🧒 Enfant (3–7 ans)

  • Chutes liées aux jeux, à la course, aux défis

  • Possibilité de “dramatisation émotionnelle”

👉 Distinguer la peur de la douleur réelle.


👦 Enfant plus grand (7–12 ans)

  • Chutes sportives, vélo, trottinette

  • L’enfant minimise parfois

👉 Apprendre à écouter son corps et à demander de l’aide.


Chute + colère ou crise émotionnelle : comment réagir ?

Certaines chutes déclenchent :

  • colère,

  • cris,

  • refus de contact,

  • opposition.

👉 Ce n’est pas “du cinéma”.
C’est souvent une décharge émotionnelle après la peur.

À faire :

  • Rester présent

  • Nommer l’émotion

  • Attendre que l’intensité redescende

  • Proposer du réconfort sans forcer


Prévenir les chutes sans surprotéger

La prévention ne consiste pas à supprimer toute prise de risque, mais à adapter l’environnement et accompagner l’enfant.

À la maison :

  • sécuriser escaliers et fenêtres,

  • dégager les zones de passage,

  • adapter le mobilier à l’âge,

  • apprendre à descendre d’un canapé ou d’un lit.

À l’extérieur :

  • chaussures adaptées,

  • apprentissage progressif du vélo/trottinette,

  • respect du rythme de l’enfant.

👉 Un enfant accompagné devient progressivement autonome et prudent.


Le rôle clé des parents : modèle et repère

L’enfant observe :

  • comment tu réagis,

  • comment tu gères le stress,

  • comment tu prends soin de lui.

👉 Un parent calme transmet un message puissant :
“Tu es en sécurité, même quand il y a un imprévu.”


Pourquoi se former aux gestes de premiers secours change tout

Connaître les gestes adaptés permet :

  • de ne pas paniquer,

  • de faire les bons choix,

  • de rassurer son enfant,

  • de se sentir légitime.

👉 La formation transforme la peur en capacité d’agir.


En résumé

✔️ Les chutes font partie du développement normal
✔️ Observer avant d’agir
✔️ Certains signes doivent alerter
✔️ Le calme parental est essentiel
✔️ La prévention passe par l’accompagnement
✔️ Se former, c’est gagner en sérénité

Des parents préparés pour des enfants protégés.

Elodie, maman secouriste

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